SHOW REVIEW

Matraquage façon Police...

Sting passe en revue les meilleurs morceaux de son ex-groupe dans une salle pleine à craquer. Une heure quarante avec un tout petit rappel.

Une légende persistante, que les filles se racontent en gloussant, lui prête la capacité de faire l'amour des heures durant. C'est l'un des bienfaits du yoga tantrique. Mardi soir, Sting n'aura tenu que 1 h 40 sur la scène de l'Auditorium Stravinski, avec un rappel furtif. Au prix des places (109 francs debout, 249 fr. assis), il aurait pu faire un effort.

Mais bon, ce fut un excellent concert. Des titres de Police en majorité, matraqués dans une salle pleine à craquer. Capacité maximum: 4,000 personnes. La chaleur suffocante n'a pas altéré une prestation à dominante rock. Afin de permettre au public payant de prendre place pour assister à cette exclusivité suisse, le festival a demandé à son staff badgé de patienter à l'extérieur, voire de rester dehors.

Sur scène, le chanteur très en voix, armé d'une basse balafrée, n'a pas repris son souffle, du décollage ('Message In A Bottle') jusqu'à l'atterrissage en douceur ('Fragile'). A ses côtés, deux guitaristes: le fidèle Dominic Miller plus Lyle Workman, abusant des pédales d'effets. Derrière la batterie, le bulldozer Abe Laboriel Jr.

Quincy Jones (voir pages suivantes) est venu annoncer le début des hostilités, à 22 h. Sting est apparu très élégant, cheveux blonds aux reflets argentés sur les côtés. L'Englishman a vite laissé tomber la veste, laissant apparaître, sous un chemisier transparent, une silhouette finement dessinée. ''Quel corps! Tu as vu ses fesses?'', entendait-on.

Compositeur inspiré, bel homme, charmeur, il peut revisiter son répertoire sans jamais lasser. On l'a connu en version unplugged, avec cordes et cuivres, on le découvre à Montreux, jouant sur les tempos, revisitant les Beatles ou citant sur 'So Lonely', le phrasé jazzy de 'It Ain't Necessarily So' ('Porgy and Bess'). En tout, vingt et un titres. Pas un seul de son dernier album. Un oubli? Sting avait l'air un peu pressé mardi.

© Le Matin by Didier Dana



Descente de Police...

Sting était mardi au Palais des Congrès: armé d’une Fender basse, Gordon Sumner a relâché une quinzaine de tubes dans la foule après vérification de leur identité.

Qu'importe que le concert de Sting compte parmi les plus chers du festival. Mardi soir, le Stravinski était bondé jusqu'à la gorge et les centimètres cubes d'oxygène se négociaient eux aussi au prix fort. Aucun doute: la popularité du plus jamaïquain des chanteurs blancs reste intacte malgré sa déplorable habitude de revisiter son répertoire fringué en dandy jazzeux (cf cette même salle en 2001) ou en astronaute pop versé dans les guignoleries new age. Retour sur terre: pour cet unique concert suisse que Sting, dit-on, a personnellement voulu réaliser à Montreux, on annonce un chanteur à nouveau vénéneux qui n'hésitera pas à perquisitionner dans les fichiers de The Police, le groupe qu'il quitta en 1985 pour une carrière solo à l'inspiration fluctuante.

Gagné. Nanti d'un batteur à la frappe aussi monstrueuse que précise et d'une paire de guitaristes aux effets parcimonieux, Sting se la joue brut de décoffrage. Ou presque. Pas de sa faute: le bonhomme est doué ET expérimenté. Près de trente ans après sa création, 'Message in the Bottle', qui ouvre le concert, a eu le temps d'encaisser les dizaines de mues du Sting ex-punk, chanteur, bassiste, guitariste, acteur, écolo-humanitaire et professeur de sexe tantrique. A l'instar des autres hymnes proto-punk qu'il déterrera en nonante minutes et dans une chaleur d'étuve, le venin des premières versions a laissé place à une saveur rock consensuelle, efficace, au son irréprochable. Mais la foi du maître de cérémonie, elle aussi, semble maîtrisée.

En chemise élégante, un verre d'eau à sa droite et un prompteur (!) à sa gauche, Sting paraît victime de la facilité - qu'il rompt à mauvais escient en de pénibles digressions jazzy dont 'Roxanne' ne se remettra pas. Hors du format rock passe-partout, ses plus belles inspirations profitent de plages plus aérées: 'Every Little Thing She Does is Magic', 'A Day in the Life' repris des Beatles, surtout un 'Fragile' final joué à la guitare acoustique, unique remède à l'odieux 'Desert Rose' ethno-disco que Sting vocalise à pleine bouche en rappel. A 54 ans, il est capable de démontrer une voix intacte, de s'offrir un backing band efficace et de visiter gracieusement son répertoire les mains dans les poches. Mais pas de ressusciter Police, mort et enterré en 1985.

© La Presse by Francois Barras



Sting am Jazzfestival Montreux...

Es war das am heissesten erwartete Konzert: Am Dienstag machte Sting auf seiner Broken Music Tour Halt in Montreux. Und begeisterte.

Es war das am heissesten erwartete Konzert: Am Dienstag machte Sting auf seiner Broken Music Tour Halt in Montreux. Und begeisterte. Der schlacksige Blonde von ''Police'' werde einmal der nächste Charlie Parker: Das war das erste, was Quincy Jones 1976 über Sting hörte, wie er zum Auftakt des Konzerts kundgab.

In der Tat hat Sting Musikgeschichte geschrieben und, wie es heisst, 100 Millionen Pfund verdient. Deshalb kann er es sich leisten, wählerisch zu sein und an intimen Orten wie Alberschwende (Ö), Werchter (B) oder eben Montreux aufzutreten.

Das Durchschnittsalter am Genfersee war hoch, und weil ein Sponsor alle Sitzplätze gebucht hatte, sah man auch im Parterre ergraute Häupter. Die Stimmung war dadurch weniger hysterisch als bei Teenie-Konzerten, aber spätestens nach 'Sending SOS', 'If I Ever Lose My Faith In You', 'Walking on the Moon' und natürlich 'Englishman in New York' ekstatisch.

Doch Sting würde seine Wurzeln im Jazz verraten, würde er ein Wunschkonzert abliefern. Unterstützt von grossartigen Musikern, darunter Paul McCartneys Drummer Abe Laboriel Jr., variierte er, was das Zeug hielt - wenn auch nicht immer sehr fantasievoll. Höhepunkt war eine 20-minütige sehr freie Version von 'Roxanne'.

Nach vier Zugaben, darunter eine eher lustlose Ausgabe von 'Every Breath You Take', verabschiedete er sich. Bis Ende Monat hat er noch 12 Konzerte unter anderem in Russland und im Baltikum. Da neben der Rettung des Regenwalds und der Menchenrechte auch Tantra zu seinen Leidenschaften zählt, ist er einer der fittesten seiner Profession und Altersklasse.

Bei dem grossen Schatten, den der Rock-Aristokrat warf, konnte einem seine Vorgruppe Starsailor fast ein bisschen leid tun: Sie, die bisher nur einen Hit hatten - ''Four on the Floor'' im Jahre 2004 - traten ohne Drums und Keyboard auf, nur mit Bass und Akkustikgitarren. Das passte zwar gut zu ihrem Oberprima-Musterknaben-Look, war aber auch etwas langweilig.

Doch man wird noch von ihnen hören: als nächstes am 16. Juli in München und am 19. Juli in Hannover als Vorgruppe der Stones.

(c) Zio

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