SHOW REVIEW

The Police - la force ''public''...

Les presque papis de Police n'ont pas fait mentir leur légende, 100,000 bras se sont levés pour les acclamer et toute la foule de chantonner leurs mélodies phares

Les olas se succèdent sans souffler de part et d'autre du virage Nord où l'immense scène surplombe le Vélodrome. Le public aussi fervent que familial ne peut, hier à la tombée de la nuit, qu'attendre le trio de légende.

Sans chichi, The Police débarque avec son 'Message In A Bottle'. Stewart Copeland jette sa baguette en l'air pendant que Sting interroge : ''Ça va Marseille?''. Des tribunes à la pelouse, 50,000 bouches se mettent à fredonner en rythme avant d'apercevoir sur grand écran, le Robinson Crusoé qu'est devenu Sting, barbu en diable et chemisette transparente sur téton charmant.

Les flashs crépitent, les éminences vieillies enchaînent avec 'Walking On The Moon', Sting imposent aux 100,000 bras d'applaudir pendant qu'une extase veloutée enrobe le stade. Entre des soli étirés sur de vieux instruments usés jusqu'à la corde, Sting pose son timbre satiné sur les 'De Do Do Do, De Da Da Da' répétés à l'envi par l'auditoire.

L'émotion est au rendez-vous du suave 'I Can't Stand Losing You' mais c'est au premier rappel que tout se vêt de rouge pour 'Roxanne', Marseille se sent 'So Lonely' avant de perdre son souffle en un final local où Copeland apparaÎt vêtu d'un T-shirt de l'OM offert par l'ancien guitariste Henry Padovani pour l'ultime hommage 'Next To You'.

(c) Marseilles Plus



Rappelez la Police!

Rock. Victoire à l'extérieur pour The Police, qui donnait un grand concert, hier soir au Vélodrome. Classe, intense, mais peut-être pas aussi exceptionnel que le public l'attendait...

Police. En concert au Vélodrome. Ecrit comme ça, ça ne veut pas dire grand chose. Mais assister en vrai à ce drôle de match entre trois musiciens ''séparés'' depuis 25 ans, ayant marqué l'histoire du rock, et 50,000 spectateurs remontés, c'est autre chose.

Pour lutter contre l'impatience, ce dernier se paye une petite ola. Quant à eux, en guise de préliminaires, Sting et ses acolytes ont choisi d'envoyer bien fort Bob Marley dans la sono ; rappeler qui a popularisé le reggae auquel ils doivent beaucoup, et rendre hommage à ses influences, c'est la classe.

Et donc, les voilà. Entrée sobre sous une nuée de sifflets, cris et autres applaudissements. Sting a la barbe, Copeland ses éternelles lunettes cerclées, gants et bandeau, et Summers... sa stratocaster. L'entame? Elle est quasi-parfaite, avec le lancer de 'Message In A Bottle' dans une mer de supporters. Derrière, plutôt que d'enchaîner, Mr Sting, politesse oblige, fait les présentations dans un français impeccable. Re-applaudissements. Et hop, tout le monde se met à 'Walking On The Moon'. Si ça n'est pas un départ en apesanteur...

Mais voilà déjà un truc rock pas top, un autre truc très funky 80's au son un peu flippant: ouhhh, vont-ils basculer dans la parade de stade, à faire saillir les gros muscles? Non, rassurez-vous, ces trois-là ont la classe, et rappellent vite une chose fondamentale : leurs morceaux n'ont pas pris une ride. Mieux, certains sont revisités à merveille, avec le souci de ménager le public. Exemple avec 'Don't Stand So Close To Me', et surtout, une formidable réécriture de 'Can't Stand Losin' You', à la montée planante et au final enlevé. Et comme les cameramen ont la bonne idée de filmer tout ce petit monde en action, c'est l'occasion de se rappeler aussi que ces trois-là ne sont pas des manchots. Pas genre démonstratif, plutôt des musiciens qui savent ce qu'ils font et surtout, où ils vont.

Une heure vient de passer sans que personne ne s'en aperçoive. Les lumières s'éteignent, la foule gronde. Et là, retour sur scène énorme avec 'Roxanne': les murs d'écran ne sont plus qu'un grand rouge scintillant, le public vient de reconnaître LE tube ultime de Police et se met à hurler. La pression monte d'un cran, ça durera presque 10 minutes.

Plus loin, c'est le coup de grâce : 'Every Little Thing She Does is Magic' achève de mettre le stade en transe. Ca sent la fin. Dernier rappel et voilà, c'est fini. Soit 1h45. A événement exceptionnel, le Vélodrome en attendait sûrement davantage. Ce qui n'empêche pas d'être comblé.

(c) La Marseillaise by Reno Vatian

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